Santa Luzia, capitale européenne du poulpe

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Habitant les environs de Tavira en Algarve depuis plusieurs années, j’ai toujours ressenti une attirance sentimentale pour le village de Santa Luzia.

Ce village, que certains voudraient appeller le futur Saint Tropez de l’Algarve, a su concilier à ce jour une activité traditionnelle de pêche aux poulpes avec un développement touristique raisonné.

De notre rencontre avec Mario Cordeiro à ses cours de portugais et de notre désir partagé de joindre la parole à l’image pour commenter notre cadre de vie est née l’idée d’un premier reportage vidéo sur l’activité du poulpe à Santa Luzia.

Cette série de reportages en portugais sous-titré en français, autre passerelle essentielle pour le savoir vivre ensemble, nous a permis de rencontrer 3 personnages hauts en couleurs qui ont consacré, chacun à leur façon, l’essentiel de leur vie à cette activité.

Le 1° épisode est l’interview du dernier charpentier de marine du village, ancien pêcheur, mémoire vivante de la pêche traditionelle.

Le 2° épisode est l’interview du retour de pêche d’un presque retraité natif du village de Fuseta situé à une dizaine de kilomètres à l’ouest, avec lui c’est l’histoire de la transformation de la pêche qui nous est raconté.

Pour finir, le 3° épisode est tourné à Docapesca, la criée résevée uniquement à la pêche aux poulpes de Santa luzia. L’interview de son responsable présent à cette criée depuis 43 ans nous éclaire d’un jour nouveau sur l’évolution des pratiques liées à cette activité.

La synthèse de ces témoignages est malheureusement édifiante.

La mondialisation de la demande, le manque de scrupule de toute une partie de la filière, l’absence de réglementation et de contrôle, tout est en place pour détruire la ressource, polluer d’avantage encore les côtes et proposer dans des cas extrêmes un produit frelaté pour une meilleure rentabilité.

Une omerta de cette filière sur le non respect de la taille des prises, qui alimente un marché parallèle juteux et sans contrôle de qualité et un trafic qui appauvrit de manière inexorable la ressource.

L’export du poulpe vivant avec l’Espagne ou avec la Chine où le poulpe avant de revenir en Europe ou au portugal est reconditionné à coup de produits chimiques pour augmenter son poids.



Une flotte portugaise vendue petit à petit à des espagnols pour augmenter leur domaine de pêche, ainsi que pour contourner leur loi qui proscrit l’utilisation des pièges en plastique.

Le silence étourdissant des autorités portugaises sur l’usage de ces mêmes pièges en plastique, qui disparaissent par centaines tous les jours au fond de la mer provoquant ainsi une pollution pour les générations futures.

J’écris ces quelques lignes en conclusion, non pas pour jeter l’opprobe, mais pour pousser un cri d’alarme avant que Santa Luzia ne devienne un Saint Tropez factice ou les pêcheurs n’ont plus que des rôles de figurants pour appâter le badaud dans les restaurants, et ou le plastique aurait définitivement remplacé le poulpe.

Pour finir cet article, je mets en lien un article d’un dernier fabricant de pièges de poulpes en céramique. Il habite en Algarve, à Estoi, et comble de l’ironie, ses clients  pêcheurs, sont pratiquement tous espagnols (à cause de la loi encadrant la pêche aux poulpes)!

Les photos sont superbes, le témoignage émouvant et la passion intacte

https://www.nsloureiro.pt/alcatruzes

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